MINISTERE
DES SOLIDARITES , DE LA SANTE MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE, ET DE LA
FAMILLE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
|
DIRECTION
GENERALE DE L’ACTION SOCIALE
|
DIRECTION
DE L’ENSEIGNEMENT SCOLAIRE
|
|
Sous-direction
des personnes handicapées
|
Mission
de l’adaptation et de l’intégration scolaire
|
|
DIRECTION
GENERALE DE LA SANTE
|
|
|
Sous-direction
santé et société
|
|
|
DIRECTION
DE L'HOSPITALISATION ET DE
|
|
|
L'ORGANISATION
DES SOINS
|
|
|
Sous-direction
de l'organisation du système de soins
|
|
Paris, le
Ref : circ
Le ministre de l’éducation nationale, Mercure : D/334/05 de l’enseignement supérieur et de
la recherche
Le ministre des solidarités, de la santé
et
de la famille
La
secrétaire d’Etat aux personnes handicapées
à
Mesdames et Messieurs les préfets de région
Directions
régionales des affaires sanitaires et sociales,
Mesdames
les rectrices et Messieurs les recteurs d’académie
Mesdames les directrices et Messieurs les directeurs
des agences régionales d'hospitalisation
Mesdames
et Messieurs les préfets de département
Directions départementales des affaires sanitaires et
sociales
Mesdames
les inspectrices et Messieurs les inspecteurs
d’académie,
directrices et directeurs des services
départementaux de l’éducation
nationale
CIRCULAIRE INTERMINISTERIELLE N° DGAS
/DGS/DHOS/3C/2005/124 du 8 mars 2005 relative à la politique de prise en charge
des personnes atteintes d'autisme et de troubles envahissants du développement
(TED)
Date
d’application : …
NOR :
Grille de classement :
Résumé : La présente circulaire constitue le point de départ d'une
relance quantitative et qualitative de la politique en direction des personnes
autistes ou plus largement atteintes de troubles envahissants du développement
(TED), et de leurs familles. Elle établit un état des lieux réactualisé des
réponses qui peuvent être apportées (développement et diversification des
prises en charge, individualisation des réponses, soutien des professionnels…),
et de la mobilisation des acteurs et des outils (en particulier, développement
de centres de ressources autisme).
|
Texte de référence : / Textes de référence : -loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002
rénovant l'action sociale et médico-sociale ; -loi n° 2005-102 du 11 février
2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la
citoyenneté des personnes handicapées ; -articles R. 314-75 à R. 314-77 du
code de l'action sociale et des familles relatifs aux règles applicables aux
établissements publics de santé gérant une activité médicosociale ; -articles
D. 312-8 à D. 312-10 du code de l'action sociale et des familles relatif à
l'accueil temporaire des personnes handicapées et des personnes âgées ;
-articles D. 766-1-1 à D. 766-1-7 du code de la santé publique relatifs aux
réseaux de santé ; -circulaire DAS/TSIS n°98/232 du 10 avril 1998 relative à
la formation continue et à l'adaptation à l'emploi des personnels intervenant
auprès des enfants et adultes présentant un syndrome autistique ; -circulaire
DESCO/DGAS n° 2002-111 du 30 avril 2002 relative à l’adaptation et
l’intégration scolaires : des ressources au service d’une scolarité réussie ;
-circulaire DESCO/DGAS n°2002-113 du 30 avril 2002 relative aux dispositifs
de l’adaptation et de l’intégration scolaires dans le premier degré ;
-circulaire DHOS/DSS/CNAMTS/ n° 610 du 19 décembre 2002 relative aux réseaux
de santé ; -circulaire DGS, DSS, DGAS n° 33 du 30 janvier 2004 relative à la
campagne budgétaire pour l'année 2004 des établissements et services
médico-sociaux accueillant des personnes handicapées et des personnes
confrontées à des difficultés spécifiques ; -circulaire n° 507/DHOS/O2/2004
du 25 octobre 2004 relative à l’élaboration du volet psychiatrie et santé
mentale du schéma régional d’organisation sanitaire de troisième génération ;
-rapport au Parlement "L'autisme, évaluation des actions conduites
(1995-2000)" décembre 2000 ; -rapport au Gouvernement de M.
Jean-François Chossy "La situation de l'autisme en France" – 15
octobre 2003
|
|
Texte modifié : -circulaire AS/EN n° 95-12 du 27 avril
1995 relative à la prise en charge thérapeutique, pédagogique et éducative et
à l’insertion sociale des enfants, adolescents et adultes atteints d’un
syndrome autistique
|
|
Annexe 1 : définitions, classification, données de
prévalence et de prise en charge
|
SOMMAIRE
INTRODUCTION
1-Problématique
2-Objectifs
I. CONFORTER DURABLEMENT LE
PILOTAGE ET L'ANIMATION DE LA POLITIQUE DE L'AUTISME ET DES TED
I-1
La relance de la dynamique régionale
1-La relance de la
concertation régionale 2-Articuler cette concertation régionale avec les
acteurs et les outils de la programmation de l'offre en direction des personnes
atteintes d'autisme et de TED 3-La désignation d'un coordonnateur régional
I-2
La mise en place d'un dispositif national d'animation et de suivi
1-La constitution d'un comité national de
l’autisme et des TED 2-La mise en place d’un groupe de suivi scientifique 3-La
mise en place d'un groupe technique administratif
II. PROMOUVOIR LA MISE EN ŒUVRE DE
REPONSES ADAPTEES AUX BESOINS DES PERSONNES ET DE LEUR FAMILLE
II-1
Principes d'action II-2 L'importance du diagnostic II-3 Développer, diversifier
et articuler l'offre d’éducation et l'accompagnement en direction des personnes
et de leur famille
1-Apporter
une éducation adaptée et favoriser la scolarisation en milieu ordinaire en
assurant
l'accompagnement des enfants, de leur famille et des enseignants 2-Intensifier
et diversifier l'offre des services et établissements médico-sociaux
3-Améliorer la qualité des prises en charge
II-4
Le rôle de la psychiatrie et son articulation avec le secteur médico-social
1-Les équipes développant des compétences
en matière de diagnostic et d'évaluation 2-L'hospitalisation psychiatrique
III. PROMOUVOIR LE DEVELOPPEMENT DE
CENTRES DE RESSOURCES AUTISME SUR L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE
III-1
Les missions
1-Accueil et conseil aux personnes et à
leur famille 2-Appui à la réalisation de bilans et d'évaluations approfondies
3-Organisation de l'information à l'usage des professionnels et des familles
4-Formation et conseil auprès des professionnels 5-Recherche et études
6-Animation d'un réseau régional 7-Conseil et expertise nationale
III-2
L'organisation et le développement des centres de ressources
1
-Organisation territoriale 2 -Situation administrative et financière des
centres de ressources autisme 3 -Le développement des centres de ressources
autisme
IV. LES OUTILS
IV-1 Le programme
pluriannuel de création de places 2005-2007 IV-2 Les outils de connaissance et
de méthode pour l’évaluation des besoins et l’amélioration des pratiques
Annexe 1 -Définitions, classifications,
données de prévalence et de prise en charge INTRODUCTION
La circulaire du 27 avril 1995 relative à
la prise en charge thérapeutique, pédagogique et éducative et à l'insertion
sociale des enfants, adolescents et adultes atteints d'un syndrome autistique,
la loi du 11 septembre 1996 tendant à assurer une prise en charge adaptée de
l’autisme, les différents plans de création de places, la circulaire du 10
avril 1998 relative à la formation continue ont permis pour la première fois
une approche spécifique de la question de l'autisme en France, ainsi que de
réelles avancées en termes de création de places, de développement de
formations spécifiques et également de création des premiers centres de
ressources sur l'autisme.
Toutefois, malgré ces avancées, les
programmes mis en œuvre demeurent encore insuffisants pour répondre à l'ampleur
des difficultés rencontrées par les personnes et leurs familles. Le rapport
sur l’évaluation des actions conduites de 1995 à 2000, remis au parlement en
décembre 2000, ainsi que le rapport remis par M. Jean-François CHOSSY, député
de la Loire, au gouvernement au mois d’octobre 2003 ("La situation de
l'autisme en France")
soulignent qu’un nombre important
d'enfants, d'adolescents, et d'adultes se trouvent encore sans solution,
entièrement à la charge de leur entourage ou avec une prise en charge partielle
ou mal adaptée à leur situation.
Les travaux préparatoires conduits autour
du présent texte ont mis en lumière la nécessité de traiter non seulement de
l’autisme sous ses différentes formes mais aussi de l’ensemble des troubles
envahissant du développement. En effet, les caractéristiques et manifestations
communes de ces troubles comme les besoins qu’ils suscitent justifient une
approche globale sans que soit fixée une frontière que les nécessités du
terrain ne rencontrent pas.
Le problème de l'autisme, et de
l'ensemble des troubles envahissants du développement (TED), requiert ainsi
aujourd'hui une impulsion nouvelle pour la relance de la politique
d'accompagnement des personnes concernées et de leur famille.
C'est l'objet de la présente circulaire
qui est en particulier le fruit à la fois des préconisations des rapports déjà
cités mais aussi des échanges qui ont eu lieu au sein du groupe autisme mis en
place par le cabinet de la Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées en juin
2003. Celui-ci a rassemblé l'ensemble des protagonistes de la question :
services des ministères de la santé et de l'éducation nationale concernés,
associations de parents, professionnels des différents champs concernés
(médico-social, sanitaire…) et représentants de collectivités territoriales.
1- Problématique
L’autisme et les troubles qui lui sont
apparentés constituent un ensemble de syndromes
regroupés dans la classification
internationale des maladies (CIM10) sous le terme de « troubles envahissants
du développement » (TED -cf annexe 1). Ces syndromes sont variés, en ce qui
concerne les manifestations cliniques, les déficiences associées, l’âge du
début des troubles ou l’évolution. Ils sont caractérisés par un déficit des
interactions sociales et de la communication, et des perturbations des intérêts
et des activités, qui entravent le développement de l'enfant et engendrent, sa
vie durant, des handicaps sévères et lourds de conséquences pour lui même et la
vie familiale. Pour une politique répondant aux besoins de la population, c’est
à dire ne laissant personne sans solution, il est apparu indispensable de
considérer que l’ensemble des troubles envahissants du développement et les
handicaps qu’ils génèrent, requièrent les compétences des acteurs de santé
comme celles des acteurs sociaux, médico-sociaux et scolaires.
Leurs causes relèvent probablement de processus
complexes, où l’intervention de facteurs génétiques multiples a été mise en
évidence, et où des facteurs environnementaux divers pourraient être impliqués.
Les thèses passées sur une psychogenèse exclusive de l’autisme, qui avaient eu
le mérite d’éveiller l’attention envers les personnes autistes, mais ont
gravement accentué la détresse de leurs parents, doivent être et sont largement
aujourd’hui écartées. En l'état actuel des connaissances, nul ne prétend guérir
l’autisme et les autres TED même si les développements de la recherche
permettent d’espérer des évolutions en la matière. Il est possible, par contre,
par une éducation, un accompagnement et des soins adaptés, d’en orienter
l’évolution et d’en limiter considérablement les conséquences pour la personne
et pour ses proches.
Pour comprendre les processus en cause
dans les troubles envahissants du développement et y apporter les réponses les
plus adaptées, des progrès significatifs ont été accomplis, mais il reste
encore un grand besoin de recherche, sur différents plans : fondamental
(génétique, physio-pathologique…), clinique, thérapeutique, cognitif, éducatif
et pédagogique notamment.
La prévalence de l’autisme et des autres
TED fait l’objet de
nombreuses recherches au niveau international. Bien des interrogations
demeurent, tant la variété des résultats annoncés est grande, en lien avec des
méthodes, des références nosographiques et des champs d’investigation très
dispersés.
L’INSERM, dans son expertise collective
sur le dépistage et la prévention des troubles mentaux de l’enfant réalisée en
2002, d’après les études internationales, retient une prévalence moyenne de
l’autisme de 9/10 000, et de 27,3/10 000 pour l’ensemble des TED (cf annexe 1).
Ces chiffres traduisent une forte augmentation par rapport aux taux de
prévalence précédemment retenus et nécessiteront des travaux complémentaires.
Ces données ne suffisent pas à mesurer
les besoins réels de la population et préciser la nature des réponses à y
apporter ; d'autres
approches sont nécessaires, utilisant différentes sources d’information
(notamment les CDES et COTOREP, les établissements et services médico-sociaux,
l’école ou les associations) pour mettre en évidence les besoins exprimés et
l’étendue des besoins non couverts.
Au delà de leurs caractéristiques
communes, les TED comme les handicaps qu’ils engendrent sont variés. Ils peuvent être considérablement
alourdis par une déficience intellectuelle (très fréquente et elle même
d’importance variable), par l'épilepsie, ou par des déficiences motrices ou
sensorielles. Le spectre autistique est large et les réponses sont à concevoir
en fonction de cette diversité.
Cependant,
la gravité des handicaps résultant des syndromes autistiques tient
particulièrement à l’atteinte des interactions sociales, de la communication et
des intérêts de la personne
qui, non seulement perturbent ses apprentissages précoces et l’ensemble de son
développement, mais mettent en échec les réponses classiques de ses parents et
de ses proches. Ceux-ci se trouvent dès lors en grande difficulté et ont besoin
d’être soutenus et guidés. De même, les professionnels ou institutions se
trouvent en situation d’impuissance ou de rapide épuisement s’ils ne sont pas
préparés. L’accompagnement d’une personne autiste et de ses proches doit être
assuré par des équipes formées et soutenues par des professionnels
expérimentés.
Il faut enfin souligner que la question
de l’autisme met en évidence avec une acuité particulière les difficultés des
dispositifs de terrain pour orienter, accompagner et accueillir des enfants,
adolescents et adultes parmi les plus lourdement handicapés. C’est pourquoi il
convient de maintenir et d’amplifier la démarche ciblée entreprise en 1995, qui
s’ajoute à l’effort général, dans le cadre des réformes à venir et notamment
celles prévues par la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des
chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Les associations de parents et des
équipes de professionnels,
avec votre appui et celui des collectivités locales, ont ainsi développé depuis
1995 des réponses de qualité ; l’expérience acquise en France comme à
l’étranger apporte la matière nécessaire pour déployer une offre de services
adaptée aux besoins particuliers des personnes atteintes de TED et de leur
entourage.
2-Objectifs
Le présent texte constitue le point de
départ d’une relance qualitative et quantitative de la politique en direction
des personnes et de leur famille. Sans avoir pour ambition d'épuiser le sujet
de l'accompagnement des personnes atteintes de TED, il établit un état des
lieux réactualisé de la question et des réponses qui peuvent y être apportées.
Il intervient par ailleurs dans un
contexte de grands changements institutionnels et administratifs : mise en
œuvre des dispositions de la loi de rénovation de l’action sociale et
médico-sociale, loi relative à l’égalité des droits et des chances, la
participation et la citoyenneté des personnes handicapées (qui prévoit en
particulier de modifier la rédaction de l’article L. 246-1 du code de l’action
sociale et des familles en supprimant la référence aux moyens disponibles dans
l’accompagnement des personnes atteintes d’un syndrome autistique), création de
la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, rôle croissant des
départements, mise en place des futures maisons départementales des personnes
handicapées etc.
L'action à conduire s’appuiera donc sur
les progrès accomplis et s’intègrera dans les évolutions en cours.
Les
objectifs de la relance de cette politique sont articulés autour de trois axes
: -conforter durablement le pilotage et l'animation de la politique de
l'autisme et des TED, -promouvoir la mise en œuvre de réponses adaptées
aux besoins des personnes et de leurs familles, -promouvoir le
développement des centres de ressources autisme sur l’ensemble du territoire.
Ils sont accompagnés par la mise en place
de moyens et la mobilisation d’outils territorialisés et nationaux qui
permettront le suivi et l’amélioration en continu de cette politique.
I-CONFORTER DURABLEMENT LE PILOTAGE ET
L'ANIMATION DE LA POLITIQUE DE L'AUTISME ET DES TED.
Le dispositif d'accompagnement et de
prise en charge des personnes autistes ou atteintes de troubles envahissants du
développement doit durablement reposer sur une dynamique régionale et un suivi
national.
I-1 La relance de la dynamique régionale
La circulaire du 27 avril 1995 précitée
avait pour objectif de fixer un cadre pour le développement et l'animation de
la politique de l'autisme en France. A cette fin, un certain nombre d'outils
régionaux avaient été prévus, visant essentiellement l'élaboration des plans
régionaux autisme : désignation d'un coordonnateur régional sur l'autisme et
mise en place d'un comité technique régional sur l'autisme.
Les consultations menées dans le cadre de
la préparation du présent texte ont permis de souligner l’engagement des
services de l’Etat et des différents acteurs de terrain autour de la mise en
œuvre des outils prévus par la circulaire de 1995. Les retours d’expériences
ont notamment mis en lumière l’importance d’une concertation autour de la
question de l’autisme et des TED. Ils ont aussi fait ressortir la nécessité
d’une relance de cette dynamique locale dans un cadre articulé avec une
réflexion nationale.
Si ces outils ont pu généralement être
mis en place dans un premier temps, leur fonctionnement s’est avéré par la
suite d’une efficacité variable. Dans certaines régions, ils se sont révélés
être des instruments de dialogue, de concertation et d’élaboration de projets
indispensables. Dans d’autres, ils n’ont parfois pas permis d’insuffler une
dynamique suffisamment efficace dans la mobilisation des acteurs.
Aussi,
il paraît aujourd'hui essentiel de renouveler et redynamiser ces outils, tout
en les adaptant, afin de favoriser une relance de la politique de l'autisme aux
plans régional et local. Il convient en particulier d’organiser une
concertation étendue afin :-de mieux associer les conseils généraux à
l’ensemble de la démarche,-de promouvoir et développer les coordinations avec
les services de l’éducation nationale,-d’assurer le lien avec les instances
concernées dans le champ de la santé publique comme
dans le champ du handicap.
1-La relance de la concertation régionale
Il est fondamental que soit constituée,
si ce n’est déjà le cas, une instance régionale de dialogue, de concertation et
d’approfondissement des problématiques liées à l’autisme et aux TED. Celle-ci associe l’ensemble des parties
prenantes de la politique de l’autisme. Il convient notamment de retenir la
participation de la DRASS, de l'ARH, et des DDASS, des représentants désignés à
cet effet par le ou les recteurs d’académie concernés, des professionnels
chargés de l’orientation des personnes au sein des commissions compétentes, des
professionnels intervenant dans le champ des TED, des services du conseil
régional et des conseils généraux concernés, des organismes de la sécurité
sociale et/ou délivrant des prestations familiales, des CREAI, des ORS, et des
représentants des associations de parents.
Cette instance aura une forme appropriée
au contexte local : il
pourra s'agir d'une reprise du comité technique régional sur l'autisme (CTRA)
ou de toute autre forme mieux adaptée si nécessaire. Ses modalités de
fonctionnement sont laissées à votre libre appréciation en fonction des
contraintes ou des besoins locaux, l'essentiel étant qu'elle permette le
dialogue et l'échange entre les personnes. L'organisation et les modalités
de fonctionnement de cette instance devront toutefois être formalisées.
Elle a vocation à être une force de
proposition et de mobilisation en matière de politique de l'autisme ainsi qu’à
faciliter l'organisation de réseaux. Elle ne doit pas constituer une chambre de
sélection et d'enregistrement de projets de création de places mais un lieu de
rencontre entre divers partenaires, de constats et réflexion partagés,
d'organisation de groupes de travail sur les thèmes liés à l’autisme et aux
TED. Elle pourra, le cas échéant, être sollicitée ou proposer un appui pour
l'élaboration des schémas départementaux sociaux et médico-sociaux : aide
méthodologique pour le repérage des besoins et l'inventaire de l'existant,
guide pour l'élaboration de projets… Elle pourra enfin contribuer à
réactualiser le plan d'action régional autisme prévu par la circulaire de 1995
si vous jugez cet outil pertinent.
L'instance régionale est également
invitée à se coordonner avec l'instance de concertation régionale en santé
mentale prévue à l’article L. 3221-3 du code de la santé publique modifié suite
à l’ordonnance de simplification administrative du 4 septembre 2003. Cet
article prévoit que désormais des modalités de concertation régionale, définies
par voie réglementaire (décret actuellement en cours d’élaboration), seront
mises en place entre les représentants de l’Etat, de l’ARH, des collectivités
territoriales, des caisses d’assurances maladie, des établissements et services
sociaux et médico-sociaux, des professionnels de la santé mentale et des
usagers.
2-Articuler cette concertation régionale
avec les acteurs et les outils de la programmation de l’offre en direction des
personnes atteintes d’autisme et de TED
Le dialogue conduit au sein de ces
instances contribuera à alimenter, dans le respect des prérogatives de chacun,
la réflexion des acteurs chargés de la programmation des réponses à apporter
aux besoins des personnes atteintes d’autisme ou de TED.
Il vous est rappelé que, pour ce qui
concerne le secteur sanitaire, le schéma régional de l’organisation sanitaire,
et singulièrement son volet « psychiatrie et santé mentale », organise la
construction de l’offre (cf. circulaire n°507DHOS/O2/2004 du 25 octobre 2004 ).
Pour ce qui concerne le secteur
médico-social, le schéma départemental d’organisation médico-sociale reste
l’outil premier de la planification des réponses aux personnes handicapées.
Depuis la loi du n°2004-809 du 13 août 2004, le président du conseil général
arrête seul ce schéma, après concertation avec le préfet de département et avis
du Comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale, conformément au
cinquième alinéa de l’article L. 312-5 du code de l’action sociale et des
familles. Il s’appuie aussi sur l’avis et les propositions du conseil
départemental consultatif des personnes handicapées (CDCPH) prévu à l’article
L. 146-2 du code de l’action sociale et des familles.
S’agissant de l’articulation de
l’approche régionale avec les outils de planification médicosociale, l’article
L. 312-5 du code de l’action sociale et des familles prévoit que les éléments
des schémas départementaux d’une même région, afférents aux établissements et
services relevant de la compétence de l’Etat, sont regroupés dans un schéma
régional fixé par le représentant de l’Etat dans la région, après avis du
comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale
En matière d’autisme et de TED, l’approche
des besoins relève à la fois du niveau départemental, du niveau régional et de
leur indispensable articulation.
Il est donc nécessaire d’organiser une
procédure itérative entre les composantes autisme du schéma régional de
l'organisation sanitaire (volet psychiatrie et santé mentale), du schéma
régional médico-social et des schémas départementaux médico-sociaux, afin de
garantir une cohérence entre ces différents niveaux.
L'instance régionale de concertation des
TED joue donc, comme cela a déjà été indiqué, un rôle essentiel pour encourager
et faciliter l'articulation de ces différents outils de programmation de
l'offre locale.
3-La désignation d'un coordonnateur
régional
La circulaire du 27 avril 1995 prévoyait
la désignation d'un coordonnateur régional sur l'autisme.
Les retours d’expérience confirment
l’importance de la fonction sur laquelle reposent à la fois l’émergence de la
problématique, le dialogue des acteurs mais aussi, par voie de conséquence, le
développement d’une politique structurée en rapport avec les besoins
identifiés.
Il est donc indispensable, compte tenu
des éléments évoqués plus haut, qu’un coordonnateur, identifié par tous, soit
en fonction. Cette personne appartient aux services déconcentrés de l ‘Etat
chargés du secteur médico-social (DRASS ou DDASS). Elle doit être en capacité
de développer et d’animer une relation de travail régulière entre la DRASS,
l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH), les services déconcentrés de
l’Etat (éducation nationale, travail etc.), les DDASS de la région ainsi
qu'avec les services du Conseil général, et de développer les contacts
nécessaires avec l'ensemble des personnes concernées par la question de
l'autisme et des troubles envahissants du développement.
Le coordonnateur désigné organisera la
concertation régionale susmentionnée.
A cette fin, il pilotera sa mise en place, en liaison avec les partenaires
concernés.
Un réseau des coordonnateurs sera
progressivement mis en place. Il s'agira par ce biais de favoriser l'échange
d'informations et de travaux entre les régions ainsi que la diffusion des
expérimentations et des réalisations innovantes.
Une réunion annuelle des coordonnateurs
régionaux sera en outre organisée pour favoriser la constitution du réseau et
les échanges d’expériences.
Le groupe technique administratif (voir
I-2-3) s’appuiera largement sur les informations issues de ce réseau
pour mener ses travaux. Des représentants des coordonnateurs seront notamment
invités à y participer.
I-2 La mise en place d'un dispositif
national d'animation et de suivi
Au regard des remontées d’expérience
recueillies des services et acteurs de terrain ainsi que des travaux conduits
autour du groupe de travail mis en place sous l’égide du secrétariat d’Etat aux
personnes handicapées, il paraît aujourd’hui indispensable d’appuyer et de
prolonger la dynamique locale autour de l’autisme et des TED par la mise en
place d’une instance de suivi de cette politique et d’une structure nationale
chargée d’élaborer et de développer ses modalités.
1-Constitution d'un comité national de
l'autisme et des troubles envahissants du développement :
Un
comité national de l'autisme et des troubles envahissants du développement
rassemblant administrations, professionnels des différents champs concernés
(sanitaire, éducatif, pédagogique), associations, ainsi que des représentants
de collectivités territoriales sera régulièrement réuni afin de proposer les
grandes orientations de la politique de l'autisme et de suivre les résultats
des travaux conduits dans le cadre respectivement :-d’un groupe de suivi
scientifique ;-d’un groupe technique administratif.
2 -La mise en place d’un groupe de suivi
scientifique :
Les membres du groupe de suivi
scientifique sont désignés par le directeur général de la santé. Le groupe
comprend notamment un ou plusieurs chercheurs, professeurs des universités,
praticiens intervenant dans les spécialités suivantes : épidémiologie,
neuro-pédiatrie, psychiatrie, pédopsychiatrie, génétique, neurobiologie,
imagerie médicale, psychologie cognitive et du développement et sciences de
l'éducation.
Le groupe de suivi scientifique a pour
mission d’assurer une veille dans le domaine de la recherche et des pratiques
ainsi que d’informer le comité des avancées techniques dans le dépistage et la
prise en charge de l’autisme et des troubles envahissants du développement. Il
peut contribuer à l’élaboration et à la diffusion auprès des professionnels de
santé d’outils méthodologiques et de guides de bonnes pratiques. Son action s’inscrit
en liaison et dans le respect des prérogatives reconnues aux instances chargées
de la validation des recommandations des bonnes pratiques et de leur diffusion.
Le groupe se réunit au moins deux fois
par an. Ses réunions font l’objet d’un compte rendu. Son secrétariat est assuré
par la direction générale de la santé.
Il présente une fois par an devant le
comité national un bilan de ses travaux et les orientations retenues pour
l’année à venir.
3-La mise en place d'un groupe technique
administratif
La composition du groupe technique
administratif est arrêtée par le directeur général de l’action sociale sur
proposition des directeurs concernés. Le groupe comprend notamment les
représentants des services centraux et déconcentrés de l’Etat qui participent
au comité visé au
1. Il comporte un ou plusieurs
coordonnateurs régionaux représentant le réseau des coordonnateurs Le groupe
peut s’associer la participation de toute personne qualifiée en fonction des
thèmes abordés.
Le groupe technique est chargé de
l’animation et du suivi de la politique en matière d'autisme, dans la
complémentarité des dispositifs et en liaison avec les dispositifs de
concertation régionale. Il a notamment pour mission d'impulser les évolutions
de la réglementation requises. Il peut contribuer à l'élaboration et la
diffusion d'outils méthodologiques et de guides de bonnes pratiques ainsi qu'à
recenser et faciliter la mutualisation et la diffusion des expériences locales.
Il peut s'appuyer sur des groupes
thématiques pour mener une réflexion préparatoire sur des sujets de fond. Ces
groupes sont constitués en tant que de besoin pour approfondir des thématiques
identifiées ou pour lesquelles les travaux du comité visé à l’article 1er ou les remontées des services indiquent
la nécessité de précision ou d’approfondissement des dispositifs. Leur
composition est liée aux sujets traités.
Son action s’inscrit en liaison et dans
le respect des prérogatives reconnues aux instances chargées de la validation
des recommandations des bonnes pratiques professionnelles dans le secteur
médico-social et de leur diffusion.
Le secrétariat du groupe technique est
assuré par la direction générale de l’action sociale.
Le groupe se réunit au moins trois fois
par an. Ses réunions font l’objet d’un compte rendu.
Il présente une fois par an devant le
comité national un bilan de ses travaux et les orientations retenues pour
l’année à venir.
II-PROMOUVOIR LA MISE EN ŒUVRE DE
REPONSES ADAPTEES AUX BESOINS DES PERSONNES ET DE LEUR FAMILLE
II-1 Principes d’action
Il s'agit ici de préciser les principes
qui doivent sous-tendre le développement de l'offre de service. Ils visent à
considérer la personne dans son entier et à lui proposer un projet
d’accompagnement personnalisé, global et continu.
Ces principes sont les suivants :
|
a-
|
Repérer
au plus tôt les troubles envahissants du développement de l’enfant, et porter
la plus grande attention à ses besoins d’éducation et de soins
|
|
b-
|
Ecouter,
associer et accompagner la famille et les proches dès le repérage des
troubles, et tout au long du parcours de la personne
|
|
c-
|
Rechercher
et proposer des solutions d’accompagnement le plus tôt possible par les
professionnels compétents
|
|
d
|
Formuler
et mettre en œuvre un projet global et cohérent qui conjugue :
|
|
|
-une
éducation adaptée, structurée, s’appuyant autant qu’il est possible sur les
motivations de la personne, visant à lui permettre de comprendre le monde qui
l'entoure, d'acquérir de la compétence dans les gestes de la vie quotidienne
et de vivre en société.
|
-une scolarisation
et une formation adaptées, permettant au jeune d’effectuer les apprentissages
et d’accomplir un parcours scolaire tenant compte de ses besoins particuliers.
-un accompagnement
dans la vie quotidienne, pour permettre à la personne de trouver la meilleure
autonomie possible, de développer ses liens avec son environnement social et
participer à la vie en société, et, le cas échéant, pour soutenir son projet
professionnel.
-des soins assurés par des
professionnels de santé :. les soins psychiques, conjuguent
notamment, autant que de besoin, un accompagnement psychologique, des
rééducations (psychomotricité, orthophonie…),
et
des traitements médicamenteux,.
il faut insister sur l’importance de veiller aux soins somatiques (généraux,
neurologiques, sensoriels, dentaires, chirurgicaux), chez ces personnes qui
souvent ne
peuvent
exprimer ou expliciter leur souffrance, ou présentent des problèmes de
comportement compliquant l'exercice des professionnels de santé non avertis.
e-Assurer la continuité comme
l’adaptation du projet tout au long de la vie, préparer et accompagner les
changements dans le cours de la prise en charge, prévenir les ruptures
possibles dans le parcours de la personne, singulièrement lors du passage à
l’âge adulte et du vieillissement.
II-2 L'importance du diagnostic
Une des difficultés majeures vécues par
les parents d’enfants autistes concerne l’établissement du diagnostic, dès lors
qu’ils se sont inquiétés de signes d’anomalie du comportement de leur enfant et
ont consulté. De l’attention portée aux premiers signes de dysfonctionnement
dépend la précocité du diagnostic et de la prise en charge. Or, il est
considéré qu’une prise en charge éducative et thérapeutique adaptée, mise en
œuvre précocement, permet d’apporter à l’enfant les meilleures chances pour
limiter ou réduire le handicap résultant des troubles autistiques. Il convient
aussi de souligner l’importance de la formulation du diagnostic, car elle
répond au besoin des parents de se repérer et de comprendre. Elle leur permet
de s’informer et de trouver de l’aide auprès d’associations. Le diagnostic est
par ailleurs nécessaire à l’observation épidémiologique et à la recherche.
Améliorer le diagnostic, le rendre aussi
précoce que possible, et porter une attention particulière aux modalités de son
annonce aux parents constituent donc un axe majeur de la politique.
La fédération française de psychiatrie,
avec l’appui méthodologique de l’ANAES, a été chargée en 2004 d’une mission
d’analyse et de recommandations professionnelles sur le diagnostic précoce des
TED. Un tel travail est
nécessaire au développement de programmes pour l’amélioration de la qualité et
de la précocité du diagnostic.
Par ailleurs, afin d’aider les
professionnels de soins primaires au repérage des troubles non spécifiques du
développement et à leur orientation si besoin vers des équipes spécialisées, il
a également été confié à la Fédération française de Psychiatrie l’élaboration
d’un outil d'observation ainsi que la conception d’un référentiel de formation
au repérage de ces troubles. Des formations de formateurs conduites en lien
avec l’Ecole nationale de santé publique permettront de disposer de professionnels
ressources à un niveau régional à même de faire connaître l’usage de cet outil
d’observation dans une dynamique de travail en réseau.
Il conviendra aussi de favoriser les
coopérations permettant de s’assurer des suites données au repérage de troubles
chez de jeunes enfants à l’école maternelle ainsi que des troubles dépistés
lors des examens de santé obligatoires réalisés par les médecins de PMI ou de
l’éducation nationale.
Ces différents travaux alimenteront la
réflexion sur la faisabilité, l’opportunité et les modalités de stratégies de
dépistage des troubles du développement chez le tout jeune enfant, pour
lesquels des outils sont en cours d’évaluation, étant entendu que de telles
actions imposent, outre des outils validés, que les conditions de réalisation
du diagnostic et des prises en charge nécessaires soient aussi assurées.
Ces questions feront donc l’objet
d’instructions ultérieures. Dès à présent cependant, les éléments suivants
peuvent vous être précisés :
Le diagnostic d’autisme ou plus largement, de TED, est
d’abord clinique. Il peut être évoqué en première ligne par tout médecin, et
doit pouvoir être confirmé à l’aide d’outils de diagnostic adaptés et validés.
Les recommandations professionnelles préparées sous l’égide de l’ANAES sont à
ce titre très attendues et feront l’objet de la diffusion nécessaire auprès des
professionnels concernés, notamment pédiatres et psychiatres, services de PMI,
de santé scolaire et CAMSP.
Le diagnostic d’autisme ou de TED ne
suffit cependant pas à évaluer le handicap et à orienter l’action éducative et
thérapeutique. Il appelle deux sortes d’investigations:
|
-
|
Les examens et bilans complémentaires (génétiques, neurologiques,
métaboliques…)
|
|
|
ont
pour objet la recherche d’une étiologie ainsi que la mise en évidence de
pathologies
|
|
|
associées
qui pourront amener à des stratégies thérapeutiques particulières.
|
|
-
|
L’évaluation approfondie vise à explorer les compétences et les déficits des
enfants,
|
|
|
adolescents
ou adultes concernés. Elle est indispensable à l’élaboration d’un projet
|
|
|
personnalisé
d’éducation, d’accompagnement et de soins.
|
Le
cas échéant, la démarche diagnostique peut demander un certain délai
d’observation ; il arrive aussi que l’évolution de l’enfant amène à
reconsidérer le diagnostic. Il est essentiel que les professionnels de premier
rang dans la démarche diagnostique conseillent les familles et, le cas échéant,
les orientent pour confirmation vers les services compétents.
Il est tout aussi essentiel que les
familles soient étroitement associées à l’ensemble de cette démarche et aux
observations réalisées,
de façon à ce qu’elles puissent comprendre quelles sont les difficultés de la
personne, qu’elles soient conseillées dans leur action éducative, et éclairées
quant aux certitudes ou incertitudes des évolutions à prévoir.
II-3 Développer, diversifier et articuler
l’offre d’éducation et d’accompagnement en direction des personnes et de leur
famille
Pour répondre aux besoins de chaque
personne, un projet personnalisé adapté et associant la famille est élaboré,
favorisant prioritairement une éducation et un accompagnement en milieu
ordinaire.
Un tel projet requiert des équipes
formées aux problématiques de l’autisme. Il doit être conçu et mis en œuvre,
sans rupture, tout au long de la vie. Il convient notamment de porter une
grande attention au maintien d’une action d’accompagnement des apprentissages
et de la conquête de l’autonomie des personnes lors du passage à l’âge adulte
et à la réalisation d’un cadre de vie conçu pour favoriser leur insertion
sociale.
1-Apporter une éducation adaptée et
favoriser la scolarisation en milieu ordinaire en assurant l’accompagnement des
enfants, de leur famille et des enseignants
Actuellement beaucoup de jeunes
présentant des troubles envahissants du développement ne trouvent pas de
réponses satisfaisantes aux besoins éducatifs et scolaires qui sont les leurs,
compte tenu de la particularité et de la diversité de leurs pathologies. D’une
part, les manifestations symptomatiques dominantes (atteintes des interactions
sociales, de la communication et des intérêts, particularités du développement
cognitivo-émotionnel) rendent les prises en charge éducative et scolaire
particulièrement complexes. D’autre part, la diversité des potentialités et des
besoins présentés par ces jeunes, selon que leurs troubles s’accompagnent ou
non d’un retard mental ou d’autres atteintes, implique le recours à une gamme
étendue de réponses.
Ces réponses doivent s’inscrire dans le
droit fil des orientations arrêtées pour la scolarisation de tous les jeunes
présentant des handicaps et des maladies invalidantes.
Les dispositions légales en matière de
scolarisation des enfants handicapés, renforcées par la loi n° 2005-102 du 11
février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la citoyenneté et la
participation des personnes handicapées, s’appliquent pleinement aux enfants
atteints d’autisme ou de TED. Il importe donc de veiller à leur stricte application,
c’est-à-dire :
a-S'appuyer sur une analyse approfondie
de la situation de l’enfant et de l’adolescent et sur une évaluation précise de
ses besoins
Dans le mouvement qui accompagne la
démarche diagnostique et l’élaboration d’une réponse éducative adaptée à la
situation de chacun, les conditions de l’accès aux apprentissages scolaires
doivent faire l’objet d’une attention particulière. C’est dans le cadre du
suivi et de l’évaluation du projet personnalisé de chaque enfant et adolescent,
tenant compte des compétences qui peuvent être développées sur le plan cognitif
et social, que s’effectuent les choix en matière de formation. Certains jeunes,
notamment ceux présentant un syndrome d’Asperger, peuvent réaliser un parcours
non seulement scolaire mais également universitaire, d’autres jeunes présentant
des formes très handicapantes d’autisme doivent pouvoir durablement bénéficier
de l’appui d’un environnement spécifiquement adapté à leurs besoins. Quel que
soit le choix effectué, le parcours d’un jeune présentant des TED suppose pour
s’accomplir dans des conditions satisfaisantes qu’il bénéficie de
l’accompagnement approprié à ses besoins.
L’objectif à terme d’une insertion
sociale et/ou professionnelle, compatible avec les compétences acquises et les
possibilités de développement, doit éclairer les choix en matière d’éducation.
Lorsqu’un enfant ou adolescent doit être
pris en charge dans un établissement médico-social ou sanitaire, il importe de
veiller à ce que le volet scolaire du projet personnalisé soit bien assuré, et
ce afin de lui permettre d’effectuer tous les apprentissages nécessaires au
développement de ses capacités d’autonomie.
b-Privilégier la scolarisation en milieu
ordinaire au plus près du domicile des parents
Les travaux récents ont confirmé tout
l’intérêt d’une scolarisation en école maternelle qui offre, dans bien des cas,
à l’enfant présentant un syndrome autistique ou des TED, des chances de
développement optimal. A l’issue de l’école maternelle, la scolarité en milieu
ordinaire peut s’effectuer en intégration individuelle, le cas échéant en
assurant un accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire, ou dans le cadre
d’un dispositif collectif, classe d’intégration scolaire (CLIS) dans le premier
degré, unité pédagogique d’intégration (UPI) dans le second degré. Elle peut
aussi et si nécessaire inclure selon des modalités variées la fréquentation à
temps partagé d’un établissement médico-social ou sanitaire. Il conviendra de
s’assurer que le temps de fréquentation hebdomadaire de l’école est
suffisamment substantiel pour ne pas engendrer des difficultés d’adaptation de
l’enfant avec l’enseignant et ses camarades de classe.
Afin que l’enfant puisse tirer profit
d’une scolarisation en milieu ordinaire, il importe de veiller à ce qu’il
bénéficie en tant que de besoin, en complément des interventions précitées, de
l’appui d’un service médico-social ou sanitaire.
Dans tous les cas, les enseignants qui
ont en charge l’enfant ou l’adolescent présentant des TED doivent pouvoir
bénéficier d’une écoute et d’un soutien réguliers par des professionnels
compétents. Les manifestations de ce syndrome sont en effet particulièrement
difficiles à
concilier avec l’exercice de
l’enseignement qui s’effectue toujours dans un cadre collectif et qui repose,
pour une large part, sur les interactions que nouent les élèves au sein de la
classe.
En outre, il convient de souligner que,
si des méthodes spécifiques sont parfois préconisées pour aider les enfants
autistes à réaliser des apprentissages, d’une part, ces méthodes, privilégiant
des interactions duelles, ne sauraient être imposées à un enseignant même s’il
peut utilement s’en inspirer dans certaines situations, d’autre part, la
démarche pédagogique d’un enseignant ne saurait se réduire à l’application
exclusive d’une méthode difficilement compatible en outre avec une pratique
pédagogique dans un contexte collectif.
c-Constituer un réseau de ressources suffisamment larges pour
répondre à la diversité des situations individuelles et assurer la continuité
des parcours de formation.
Les démarches de scolarisation en milieu
ordinaire de jeunes présentant des TED doivent donc s’accompagner de démarches
partenariales solides associant, dans un cadre académique et départemental,
tous les partenaires institutionnels concernés. Il convient ainsi de procéder
dans le cadre de la concertation régionale prévue au I -1, à un état des lieux
des ressources existantes susceptibles d’être mobilisées afin de repérer les
besoins, fixer des priorités, préciser un échéancier de réalisation, tenant
compte des caractéristiques propres au territoire considéré.
Il s’agit ici
de :
-favoriser l’établissement de relations
de coopération et de partenariat entre les établissements scolaires,
médico-sociaux et sanitaires afin de faciliter la réalisation de parcours
souples tenant compte des besoins évolutifs des jeunes ainsi que l’élaboration
de projets personnalisés, en envisageant la mise en place des conventions requises
pour ce faire entre les établissements concernés,
-déterminer les conditions d’un
accompagnement approprié par des équipes médico-sociales, et/ou des équipes de
soins, et, en fonction des besoins des jeunes pouvant bénéficier d’une
scolarisation en milieu ordinaire, évaluer les moyens nécessaires en
identifiant ceux qui peuvent d’ores et déjà contribuer à sa mise en œuvre,
-déterminer, en lien étroit avec ces
services assurant l’accompagnement, les besoins de création de dispositifs
collectifs (CLIS, UPI) organisés pour répondre de façon adaptée aux besoins
particuliers qui peuvent être ceux de jeunes présentant des TED, sans cependant
faire de ces dispositifs le lieu exclusif de scolarisation pour l’ensemble de
la population concernée,
-déterminer les moyens d'apporter aux
enseignants et à l'ensemble des personnels des écoles et des établissements qui
accueillent des enfants autistes des informations relatives aux TED ainsi
qu'une aide pour bâtir le projet personnalisé des élèves accueillis, procéder
aux aménagements spécifiques nécessaires à la réussite de leur scolarisation,
fournir les appuis utiles à la résolution des problèmes rencontrés. Il
conviendra à cet effet de s’appuyer sur les compétences des équipes de suivi de
scolarisation dont la création est prévue par les dispositions de la loi
relative à l’égalité des droits et des chances, la participation et la
citoyenneté des personnes handicapées.
2 -Intensifier et diversifier l’offre des
services et établissements médico-sociaux :
Il s'agit d’augmenter l'offre apportée
par les établissements ou services médico-sociaux et de diversifier ses formes.
L'objectif sera de proposer des services en suffisance, adaptés en termes de
temps d’accompagnement et de qualité, et, en particulier, d'apporter une
réponse aux cas sans solution et en tout premier lieu aux cas les plus lourds.
Les DDASS au-delà de leur activité de suivi et de
contrôle des structures, devront s’efforcer d’apporter conseil et
accompagnement aux promoteurs pour le développement des projets. Leur action
doit s’établir en liaison étroite avec les services des départements pour
permettre une diversification cohérente de l’offre de service dans le
médico-social et la mise en place d’une véritable « palette » de solutions.
La question de la spécificité des
services et établissements pour personnes autistes est régulièrement soulevée (Rapport de
J.F. Chossy). Si certains enfants, adolescents ou adultes autistes peuvent
bénéficier d’un accueil dans des groupes non spécifiques, ce qu’il convient
d’étudier au cas par cas, il en est beaucoup qui nécessitent un cadre
spécifique qu’il s’agisse de la mise en œuvre du projet individuel ou des
nécessités d’encadrement. En effet, le projet éducatif adapté à une personne
autiste n’est pas seulement particulier ; il peut même apparaître à certains
égards en décalage avec les projets habituellement mis en œuvre en
établissement médico-social, car il n’est pas possible ou très difficile de le
fonder sur les interactions sociales classiques et la communication.
Au delà de la création de structures
spécifiques, et sans écarter cette possibilité, c'est plus largement la
nécessité d'adapter les établissements et services à l'accueil des personnes
autistes qui doit être considérée, y compris en créant au sein de ces
établissements des unités dédiées.
Dans
le même temps, il importe de prévenir :
-le
"déplacement" de population : l'expérience a en effet montré que la
création de
structures
spécifiques peut induire un déplacement des personnes autistes déjà
accueillies
en institution vers des places nouvellement créées, plutôt que d'offrir
des
perspectives à celles qui se trouvent sans solution,
-le
rejet in fine de personnes autistes par le dispositif médico-social.
Aussi, vous devrez veiller à éviter ces
écueils, notamment par une action de sensibilisation des commissions chargées
de l'orientation, et par la diversification de l’offre comme indiqué ci-après.
L’action conduite vise notamment à :
-accompagner
le montage et le développement des projets de structures pour les
personnes
autistes. Les
associations, singulièrement les plus petites qui interviennent
souvent
dans le secteur de l’autisme, rencontrent des difficultés dans les démarches
entourant
leurs projets de même qu’ultérieurement dans leur gestion. Ces aides peuvent
s’envisager
en fonction des contraintes locales mais deux modalités semblent pouvoir
être
privilégiées : . réfléchir à la création au niveau régional (DRASS avec
l’association éventuelle du CREAI) d’une cellule d’aide et d’appui à la
création et au développement de projets de structures , . favoriser la mise en
relation de ces petites associations avec des associations plus importantes qui
disposent de moyens logistiques et financiers leur permettant d’apporter un
soutien notamment en termes de réalisation et de gestion. Il conviendra alors
de veiller à ce que cette collaboration s’établisse sur des bases claires et
formalisées afin que les petites associations ne se sentent pas non plus
dépossédées de leur initiative et de leur capacité d’innovation ;
-développer des formes nouvelles
d'accompagnement des enfants, des adolescents et des adultes. Celles-ci
peuvent passer par la création de SESSAD y compris pour l'accompagnement de
très jeunes enfants et leur famille, SAMSAH (service d'accompagnement
médico-social pour adulte handicapé) et SAVS (service d'accompagnement à la vie
sociale), qui, outre l’accompagnement des personnes autistes dans leur
environnement familial et social, peuvent préparer les milieux institutionnels
existants à les accueillir, ce qui est particulièrement important à certaines
périodes de transition (passage à l’âge adulte, vieillissement). Ces formes
nouvelles d'accompagnement peuvent aussi se traduire par une prise en charge
séquentielle, notamment en s’appuyant sur des périodes d’accueil temporaire tel
que prévu aux articles
D. 312-8 à D. 312-10 du code de l'action
sociale et des familles. Le texte permet aux commissions d’orientation de
prévoir un ou plusieurs séjours d’accueil temporaire dans la limite de 90 jours
par période de 12 mois : séjours de répit, séjours pour compléter ou aménager
une prise en charge etc. Des places peuvent être créées dans les établissements
existants pour réaliser de l’accueil temporaire. Il peut aussi s’agir de
structures dédiées à cette forme d’accueil ;
-encourager, tant pour les enfants et
adolescents que pour les adultes, la création de petites structures bien
implantées dans la communauté ou d'unités spécifiques au sein de structures
accueillant un public plus large, dotées d’un personnel suffisant. Le
renforcement de l’encadrement peut aussi s’accompagner d’une politique de
rotation des personnels afin de favoriser la formation et d’éviter les
phénomènes d’épuisement (« burn out ») tout en restant compatible avec la
qualité de l’accompagnement effectué. Les difficultés de gestion, souvent
prêtées aux petites structures, peuvent être partiellement surmontées en
privilégiant les projets dont la gestion serait assurée dans le cadre d’une
structure plus large et préexistante ;
-permettre aux structures accueillant
individuellement des enfants, adolescents ou adultes autistes de se doter des
moyens nécessaires pour leur apporter un service adapté : notamment la
possibilité d’une prise en charge individuelle en tant que de besoin
(renforcement du personnel, aménagements des locaux) ;
-utiliser les possibilités offertes
par les CAT (centres d'aide par le travail), et par les dispositifs d'aide
à l'insertion professionnelle, pour apporter à des personnes adultes autistes
une activité de travail, un maintien ou un développement des acquis, une action
éducative et une formation professionnelle, en vue d'une meilleure autonomie et
d'une implication dans la vie sociale ;
-développer les formules de vacances
et de loisirs, qui, d’une part, offrent des modes de participation sociale
diversifiés aux personnes concernées tout en leur apportant des moments de
détente et un enrichissement culturel, et, d’autre part, permettent aux familles
de maintenir leur propre vie sociale. Ces séjours de vacances peuvent
nécessiter un accompagnement individualisé dans le cadre de séjours de vacances
ordinaires ou un accompagnement particulier dans les centres de vacances
spécialisés. Dans ce dernier cas, la mise en place de projets individualisés
avec un accompagnement intensif par des personnes formées peut justifier un
classement et un financement au titre des dispositions susvisées relatives à
l’accueil temporaire ;
-prévenir et accompagner les
situations de crise ou les périodes de grande difficulté. Les enfants,
adolescents ou adultes autistes peuvent traverser des périodes difficiles et
particulièrement éprouvantes pour les familles ou les établissements qui les
accueillent. Dans ces situations, il faut pouvoir offrir, jusqu’à résolution du
problème, soit un soutien et un accompagnement renforcé dans la famille ou la
structure d’accueil, soit un accueil distancié, en même temps que des soins. Il
faut essayer également de prévenir les crises ou les phénomènes d’épuisement en
mettant en place des périodes de répit créant une coupure dans la relation
quotidienne et favorisant une diversification des accompagnements susceptibles
de faire évoluer la prise en charge. Des admissions en urgence pour de
l’accueil temporaire sont possibles en cas de nécessité sous réserve de la
saisine des commissions compétentes dans un délai de 24 heures suivant
l’admission. Quelques places dans les établissements médico-sociaux plus
spécialisés, avec un personnel suffisamment nombreux et formé, peuvent être
réservées à l’accueil temporaire de personnes en période de difficulté, en lien
avec les équipes de psychiatrie.
3-Améliorer la qualité des prises en
charge
Au delà de l'intensification et de la
diversification des prises en charge, la question de leur qualité est
essentielle. Il convient notamment d’accorder une vigilance particulière au
nombre de personnels, à leurs qualifications ainsi qu’à leur formation aux
aspects spécifiques de l’accompagnement des personnes atteintes d’autisme ou de
TED.
-Mettre en place un personnel en nombre
suffisant dans le secteur médico-social
Les personnels à prévoir pour la prise en
charge des personnes souffrant d’autisme ou autre TED sont fonction des besoins
d’accompagnement des enfants, adolescents et adultes qui peuvent être
variables. Il convient cependant de veiller à ne pas les sous-estimer. La
présence d’un professionnel pour accompagner une personne autiste est souvent
nécessaire, et les ratios de personnel doivent donc être adaptés en
conséquence.
|
-
|
Soutenir les professionnels
|
|
|
-promouvoir
des formes innovantes d'organisation pour les établissements ou unités
d'accueil tenant compte des besoins des personnes, de leur rythme et
apportant aux professionnels un étayage dans leur action, -organiser pour les
personnels des temps de parole, soutien psychologique, supervision etc.,
-encourager les mécanismes offrant aux personnels, en particulier aux
éducateurs, après un temps donné, la possibilité de changer de poste de
travail afin d’éviter les phénomènes d’épuisement.
|
|
-
|
Promouvoir la formation continue
|
Il s'agit d'un aspect essentiel pour tous
les professionnels intervenant dans le champ de l'autisme et des TED. En
effet, au-delà des apprentissages nécessaires pour l’évolution permanente des
connaissances et des techniques, la formation des professionnels apparaît
aujourd’hui et plus que jamais comme une garantie d’ouverture sur l’extérieur,
d’aide à l’innovation, et à l’évaluation des pratiques et des actions. Dans
l’accompagnement des personnes autistes et atteintes de TED, cette démarche est
vitale. L’absence de connaissances spécifiques et d’expérience peut
représenter, même pour des professionnels diplômés, une vraie carence. La
complexité de ces troubles et les avancées progressives réalisées dans la
diversification des réponses à apporter aux personnes justifient que les
personnels demeurent informés des évolutions.
La
formation professionnelle étant un champ strictement réglementé, il était
toutefois difficile, dans le cadre de cette circulaire, de proposer des
avancées importantes. Différents éléments peuvent néanmoins être ici précisés.
Une évaluation de l'application de la
circulaire n°98/232 du 10 avril 1998 relative à la formation a permis de mettre
en avant le caractère souvent trop lourd et mal adapté de la formation
proposée. Deux problèmes récurrents ont été signalés : l'absence de
reconnaissance pour les personnes du suivi de la formation et la difficulté de
concilier une formation longue avec les impératifs de fonctionnement des
établissements.
Face à ce constat, il est d'une part
préconisé que les instances régionales de concertation puissent d'ores et déjà
réfléchir, en lien avec le centre de ressources autisme lorsqu'il existe, à la
mise en place d'une offre de formation continue, théorique et pratique, plus
légère, souple et adaptable, mais présentant néanmoins les différentes méthodes
de prise en charge. Ainsi, des formations effectuées directement dans les
établissements, sous supervision et à partir de cas concrets, pourront être
organisées, de même que des stages pratiques pourront être proposés.
D'autre part, au niveau national, le
groupe technique administratif se saisira au plus vite de cette question
fondamentale et réfléchira, avec un groupe de travail spécialement constitué, à
la fois à proposer un système de labellisation des bonnes pratiques en matière
de formation continue, et à reconsidérer le dispositif de 1998.
S'agissant plus particulièrement des
personnels enseignants, il convient de veiller à utiliser les possibilités
nouvelles offertes par les modules d'initiative nationale organisés sur la
thématique des TED, associant un institut universitaire de formation de maîtres
(IUFM) ou le CNEFEI de Suresnes et un centre ressources pour l'autisme. Selon
les cas, ces actions peuvent s'adresser à des enseignants déjà spécialisés ou à
des enseignants non spécialisés mais accueillant en intégration individuelle
des élèves présentant des TED.
En outre, le CNEFEI de Suresnes est à
même d’assurer un rôle pilote tant pour la mutualisation des bonnes pratiques
que la diffusion d’outils adaptés, dont un guide handiscol en cours de
rédaction. Site ressource du ministère de l’éducation nationale, il dispose
d’ores et déjà d’une documentation abondante et de qualité (publications,
cassettes audio-visuelles) et d’une réelle expertise.
-Prévoir des relations de collaboration
avec les professionnels de santé pour l’organisation des soins des personnes
accueillies:
Il importe que les projets
d’établissement ou de service sociaux et médico-sociaux décrivent les modes de
collaboration prévus avec les professionnels de santé exerçant en secteur
libéral (médecins généralistes et dentistes notamment) et avec les
établissements de santé (en psychiatrie notamment), que ces modes de
collaboration soient conçus dès l’élaboration des projets, et qu’ils fassent
l’objet d’accords clairement établis, par exemple sous forme de convention.
II-4 Le rôle de la psychiatrie et son
articulation avec le secteur médicosocial
Le développement des collaborations entre
les équipes de psychiatrie et celles relevant du médico-social, dans le respect
de leur rôle respectif, constitue un enjeu majeur. Si les orientations énoncées
dans cette partie impliquent directement et spécifiquement les établissements
publics et privés PSPH ayant développé des activités de psychiatrie, il
conviendra d’associer autant que possible et en fonction de l’offre sur chacun
des territoires concernés, les établissements privés et professionnels
libéraux.
Les services de psychiatrie, sectorisés
ou non, exercent leurs missions à l’égard des personnes autistes ou souffrant
de TED en tenant compte de leurs besoins spécifiques et en associant leur
famille ou leurs proches.
Ils réalisent notamment : -le diagnostic
et l’évaluation des troubles, amenant des recommandations pour la prise
en charge, -le conseil
aux parents et aux professionnels entourant la personne concernée ; -des soins
ambulatoires, ou, selon certaines indications, en hospitalisation partielle ou
complète.
Ces soins ont pour objet de limiter les processus pathologiques et d’en
atténuer les effets, de développer les fonctions et aptitudes de la personne,
et, d’une façon générale, visent à son mieux être. Une bonne coordination de
ces soins avec l’action éducative est nécessaire, dans le respect des
compétences des professionnels ;
-des études et des
recherches cliniques et thérapeutiques ;
-une contribution à la réinsertion
sociale des personnes autistes, en collaboration avec les équipes
médico-sociales, notamment au sein de réseaux constitués pour les personnes
autistes.
Deux aspects de l'activité des services
de psychiatrie sont ici plus particulièrement développés.
1-Les équipes développant des compétences
en matière de diagnostic et d'évaluation
Au sein de certains de ces services, des
équipes de psychiatrie infanto-juvénile, plus rarement de psychiatrie générale,
ont développé des compétences en matière de diagnostic et d’évaluation des TED.
En collaboration avec les équipes de neuro-pédiatrie, de génétique, avec
l’appui des techniques de l’imagerie médicale, elles peuvent assurer :
a-la confirmation, la précision, ou
l’appui au diagnostic sur demande de médecins ou de familles ;
b-la réalisation
d’évaluations approfondies, dans deux circonstances : -lors de l’établissement
du diagnostic ; -en cours de suivi, sur demande d’équipes de soin, d’équipes
médico-sociales, ou
de
familles, lorsque sont constatés des changements ou une stagnation dans
l’évolution de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte concerné et qu’un
ajustement de la prise en charge s’avère nécessaire.
c-la
coordination des examens et bilans complémentaires ; d-la recommandation des
conduites thérapeutiques aidant les parents et les professionnels à élaborer ou
ajuster les projets de prise en charge personnalisés.
Certaines de ces équipes sont amenées à
participer aux centres de ressources sur l’autisme et les TED dont le rôle et
les missions et plus généralement le fonctionnement et l’organisation seront
détaillés ci-après (Cf. III).
2-L'hospitalisation psychiatrique
En ce qui concerne l’hospitalisation
psychiatrique, qu’il
s’agisse d’hospitalisation de jour ou d’hospitalisation complète, elle doit
trouver une juste place, dans la palette de soins, pour des temps qui sont déterminés
dans le cadre d’un projet d’ensemble élaboré pour chaque personne, en accord
avec sa famille et en coordination avec les équipes médico-sociales qui
l’accompagnent. Elle n’a pas vocation à se substituer, comme c’est le cas trop
souvent, à l’insuffisance de l’offre médico-sociale, mais elle doit répondre
aux besoins d’hospitalisation des personnes, y compris celles qui sont
accueillies en structure médico-sociale.
Il importe par ailleurs de rappeler que
l'hospitalisation, comme les autres modalités de soin, peut être réalisée de
façon séquentielle et conjuguée avec toute autre forme de prise en charge
médico-sociale.
L’hospitalisation d’une personne atteinte
de TED suppose une organisation particulière des soins laissant place à la
continuité du projet éducatif spécifique, un cadre conçu pour ces personnes, et
un personnel adapté.
III-PROMOUVOIR LE DEVELOPPEMENT DE
CENTRES DE RESSOURCES AUTISME SUR L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE
Les centres de ressources sur l'autisme
(CRA) sont des structures médico-sociales au sens de la loi 2002-2 du 2 janvier
2002 qui leur donne une assise juridique. L'article L. 312-1 du code de
l'action sociale et des familles stipule dans son 11ème alinéa que : « Les établissements ou
services, dénommés selon les cas centres de ressources, centres d'information
et de coordination ou centres prestataires de services de proximité, mettant en
œuvre des actions de dépistage, d'aide, de soutien, de formation ou
d'information, de conseil, d'expertise ou de coordination au bénéfice
d'usagers, ou d'autres établissements et services » constituent des
établissements médico-sociaux.
En 1999, quatre centres de ressources sur
l’autisme ont été créés à titre expérimental à Brest-Nantes, Reims, Tours et
Montpellier. Depuis, de nouveaux centres ont vu le jour et plusieurs projets
devraient prochainement aboutir, de telle façon qu'environ la moitié des
régions soit couverte.
Les premiers bilans du fonctionnement de
ces centres démontrent l’apport qu’ils représentent pour améliorer la prise en
charge des personnes autistes ou souffrant de troubles apparentés, notamment
des enfants, et cela en intervenant avec pertinence dans plusieurs
problématiques actuelles de l’autisme :
-les insuffisances du repérage et du
diagnostic précoce des troubles,
-le manque ou au contraire la
surabondance d'informations sur les approches et les pratiques,
-les difficultés de coordination entre les différents
professionnels,
-les insuffisances de la formation des professionnels en
charge de l’accueil et du soin des enfants et adultes et le manque de
recherche.
Un programme pluriannuel de création de
places pour les années 2005 à 2007 prévoit que chaque région disposera en 2006
d’un centre de ressources autisme ou tout au moins d’une antenne de centre dans
les cas de mise en place de centres interrégionaux.
Le développement de ces centres de
ressources sur le territoire devra se faire progressivement, en partant des
pratiques déjà existantes, en particulier en matière de bilan et d’évaluation.
Il doit s'effectuer dans le cadre d'une démarche concertée, c'est à dire
associant dès le départ l'ensemble des acteurs concernés, notamment les
associations de parents. Il nécessite aujourd'hui de fixer un cadre précisant
leurs missions ainsi que leurs modalités de fonctionnement et d'organisation.
III-1 Les missions
Les CRA ont pour vocation, en s'appuyant sur des équipes ayant
développé des compétences en matière de diagnostic et d'évaluation des troubles
envahissants du développement (telles que décrites au II-4), l'accueil et le
conseil des personnes et de leur famille, l'aide à la réalisation de bilans et
d'évaluations approfondies, l'information, la formation, le conseil auprès de
l’ensemble des acteurs impliqués dans le diagnostic et la prise en charge de
l’autisme et des troubles apparentés, l'animation de la recherche, sur un
territoire donné.
Les CRA n’assurent pas directement les
soins, mais interviennent en articulation avec les dispositifs de soins comme
avec les dispositifs médico-sociaux concernés.
Leurs missions s’exercent à l’égard des
enfants, adolescents et adultes atteints d’autisme ou de TED.
1-Accueil et conseil aux personnes et à
leur famille
L'accueil des familles constitue une
mission centrale des CRA. Il s'agira de prévoir un temps d'écoute des personnes
et des familles suffisant, et de les orienter le mieux possible. A cette fin,
la fonction accueil doit être réfléchie et conçue avec soin et le personnel
qui en est chargé doit être formé à cet effet.
Au regard du caractère déstabilisant de
l’autisme et des TED et de la fréquence d’une confirmation tardive du
diagnostic, il importe d’accorder une grande importance à cet aspect de la
mission des CRA qui conditionne largement la réussite des actions ultérieures
en instaurant un climat de confiance.
Les centres de ressources n’ont pas
vocation à se substituer aux différents dispositifs d’accueil et d’orientation
des personnes et de leurs familles, qu’il s’agisse de la future maison
départementale des personnes handicapées ou des commissions chargées de
l’orientation. Ils interviennent en complément et en cohérence avec l'action de
ces dispositifs.
2-Appui à la réalisation de bilans et
d’évaluations approfondies
La réalisation de bilans et d’évaluations
approfondies constitue, depuis leur origine, une des missions principales des
centres de ressource autisme. Elle |